• Participation à un concours d'écriture pour le 01/04

    Je participe à un petit concours d'écriture mis en place par Reindeer. Voici la consigne : 

     Votre écrit ne devra pas dépasser deux pages de document test. Je vais vous donner un court paragraphe, vous pourrez, au choix : vous en inspirer ou l'incorporer n'importe où dans votre texte, entièrement ou partiellement. Sachant que la forme doit rester : première personne, point de vue interne, personnage féminin.

    Sujet : "Je fixai mes chaussures. La toile détrempée semblait sale. Le ciel pleurait tout son saoul et je n'avais rien pour me protéger. La pluie dégoulinait le long de mes cheveux et de la buée s'élevait à chacune de mes respirations. Le quai était désert, mort. Pourtant, le bruit d'un train me parvenait, au loin. Enfin il arrivait. Je sautillai légèrement, tentant de réchauffer mes pauvres os gelés. J'allais enfin partir de cet endroit maudit."

    Vous devrez rendre votre texte avant le premier avril. Le classement sera effectué par mes soins et les résultats seront publiés le 9 avril au plus tard.

    Une récompense ? Quelle récompense ? Le plaisir de participer, c'est déjà ça... Pour tout vous dire, je n'ai rien de particulier à offrir, mais si vous avez des suggestions ou des demandes particulières, ça peut se faire !

    A vos stylos, c'est parti !

     

    Voici mon texte :

     

            Je fixai mes chaussures. La toile détrempée semblait sale. Le ciel pleurait tout son saoul et je n'avais rien pour me protéger. La pluie dégoulinait le long de mes cheveux et de la buée s'élevait à chacune de mes respirations. Le quai était désert, mort. Pourtant, le bruit d'un train me parvenait, au loin. Enfin il arrivait. Je sautillai légèrement, tentant de réchauffer mes pauvres os gelés. J'allais enfin partir de cet endroit maudit.

            Cet endroit qui pourtant m’avait vu naître, grandir et devenir resplendissante face aux premiers feux de l’amour. Mais maintenant, il était devenu comme tous ces endroits touchés par la guerre, un tombeau. Le train faisait enfin son apparition et cette attente interminable allait pouvoir se terminer. Au moins, je serai à l’abri et au chaud. Celui-ci s’arrêta juste devant moi, crachant sa fumée sur le quai. Les portes s’ouvrirent et le contrôleur, comme à son habitude je le suppose, appela de sa voix forte à monter dans le train. C’est ce que je fis, avec à la fois enthousiasme et tristesse. Je choisis le wagon le plus désert possible, j’avais besoin de me retrouver seule et de me noyer dans mes pensées : trop d’événements imprévisibles se sont passés ces derniers temps, des événements qui auront à jamais changé la vie paisible que je menais.  J’avais besoin d’y réfléchir tranquillement. Un wagon aussi désert que le quai, une place près de la fenêtre : parfait ! Je m’y installais confortablement et posa mes grosses valises à proximité.

            Un sifflet retentit. Le train démarra doucement. Je regardais les gouttes de pluie s’écrasaient sur la vitre. Qu’avais-je fait au bon Dieu pour subir tout cela ? Les souvenirs me revenaient, plus poignant les uns que les autres… Tout est arrivé si vite ! « Votre billet Mademoiselle », cette voix me fit sursauter. Je sortis le billet. Le contrôleur le composta, souffla dessus et me le rendit sans aucun regard pour moi. C’était ça la guerre, tout le monde se méfiait de tout le monde. Foutue guerre ! Elle venait de commencer et pourtant elle avait déjà fait trop de victimes : ma mère, mon fiancé… Pourquoi ? Maintenant j’étais comme condamnée à errer sur les routes de France, ce pays dont j’avais tant entendu parler.

            Le train allait bientôt traverser la frontière qui séparait la France de l’Allemagne, ce pays rongé maintenant par le mal. Enfin un peu de calme. Ma destination était pourtant encore loin… Une fois le train arrivé en Normandie, j’irai chez mon père dont j’ai vu le visage que deux fois en 17 ans d’existence. Et c’était là-bas que je commencerai ma nouvelle vie. Malgré qu’elle répugnait en parler, j’essayais de me rappeler ma mère me racontant sa rencontre avec mon père. Ils s’étaient aimés et je fus le fruit de leur passion. Puis ils se disputèrent et ma mère parti loin de lui en Rhénanie alors que je venais à peine de naître. Ma mère d’ailleurs me coupa complètement de mon père. Puis mon existence prenait le chemin banal de la vie : l’apprentissage à l’école, les jeux entre copains, l’adolescence, les premiers amours… Ou devrais-je plutôt dire mon seul et unique amour. Rien que de pensais à lui, je me mis à pleurer. Franz, pourquoi as-tu choisit ce camp ? Pourquoi ?! Le nazisme t’as envouté, tu es devenu trop violent. J’avais donc décidé de rompre nos fiançailles, cela fait à peine trois semaines maintenant…

            Pourtant, je l’ai aimé depuis l’âge de 13 ans, où notre couple s’est formé petit à petit à travers des sorties entre amis, des bals par ci par là … Quelle tristesse ! Même si je pensais avoir fait le pas, la page n’était pas complètement tournée : je pensais toujours à lui, même après ce qu’il avait fait à moi et à ma mère. Cette dernière avait reçu trop de pressions des nazis, surtout de Franz qui la connaissait très bien. Elle n’a pu supporter trop longtemps cette pression et décida de mettre fin à ses jours. Voilà comment j’ai perdu deux des personnes les plus chères dans ma vie à cause d’une guerre...

            Le train était loin d’arriver. La pluie avait cessé et laisser place à plusieurs nuages gris qui se suivaient, comme des petits éléphants à la file indienne. Il fallait absolument que je me ressaisisse. J’avais toute ma vie devant moi après tout ; je n’avais que 17 ans. Le train s’arrêta à une gare que je ne connaissais pas. Le contrôleur siffla. Un homme d’une quarantaine d’année, très bien habillé avec son chapeau melon, rentra dans le wagon où je me trouvais. Il me regarda, me fit bonjour d’un signe de tête puis s’assit à l’autre bout du wagon. Ensuite, le train repartit comme si de rien n’était, laissant le quai vide. Les paysages défilaient devant mes yeux qui ne demandaient qu’une seule chose : dormir et oublier tout ce qui s’était passé ne serais-ce que l’espace d’un instant, d’un moment. Mes paupières devinrent lourdes. Je m’endormis complètement et me réveilla seulement lorsque le contrôleur me secoua l’épaule : « C’est bon ! Faut descendre maintenant Mademoiselle ! ». La Normandie, déjà ? Que le temps passait vite quand nos yeux se ferment au monde !

            Je descendis donc du train, vérifia furtivement que je me trouvais à la bonne destination et demanda quelques renseignements au guichet :

    - Bonjour Monsieur, pouvez-vous m’indiquer où  se trouve Villanne s’il-vous-plaît ?

    Il me regarda et hocha la tête. Puis, il fouilla ses papiers et me dit :

    - Le p’tit village près de Dieppe ? C’est ça ? 

    - Oui.

    - C’est à environ à une douzaine de kilomètres à pied Mam’zelle ! 

    Je le remercia, pris mes deux grosses valises à chacune de mes mains et partis vers ce petit village que j’apprendrais surement à connaître au fil des jours. J’allais enfin mener une vie tranquille, loin de tous les remue-ménages et les horreurs de la guerre. J’étais loin de m’imaginer que mon périple ne faisait que commencer...


  • Commentaires

    1
    Jeudi 30 Mars à 09:21

    J'aime bien ton texte et la façon dont il est écrit.

    J'ai une bonne concurrente on dirait ! ;)

      • Mercredi 5 Avril à 10:22
        Merci beaucoup ! Ca me touche ! :)
    2
    Mardi 11 Avril à 19:58

    Les résultats sont là ! \^o^/

      • Mardi 11 Avril à 21:29

        Merci ! ;) J'ai pris notes de toutes mes erreurs ! ;) En tout cas c'est un concept vraiment très sympa ! Si tu en refais, j'y re-participerai avec plaisir ! :D

      • Mardi 11 Avril à 22:12

        Je suis contente que le concept t'ait plu ;)

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